« Ce sera un stade fermé, un peu à l'image du Stade rennais, mais en plus petit. » C'est une image, bien sûr, mais elle a le mérite de mieux visualiser le projet de l'équipe municipale. Jean-Luc Rotureau, adjoint aux sports et porte-parole du candidat Antonini, est revenu hier matin sur la reconstruction du stade Jean-Bouin, projet soutenu par la majorité.
Le débat fait rage entre le maire et son adversaire, Christophe Béchu. Ce dernier opterait, s'il était élu, pour un grand stade tout près du parc des expositions. « Aventureux et démagogique, martèle Jean-Luc Rotureau. Ce site, nous l'avons étudié. Il ne dispose pas de dix hectares homogènes nécessaires à l'implantation d'un stade. Par ailleurs, le projet d'agrandissement du parc-expo me semble incompatible avec la volonté d'y réaliser un stade. »
« Après le stade, la patinoire ? »
Au-delà du projet se pose la question du financement. Comme l'a fait le maire, l'adjoint interpelle le président du Sco sur la difficulté à mettre en place, dans une ville comme Angers, un partenariat public-privé. « Cela ne fonctionne déjà pas au Mans, alors chez nous... », assure Jean-Luc Rotureau. D'autant que dans l'environnement du football, insiste-t-il, « il y a de grandes inquiétudes sur l'avenir des droits télé. On parle de sucrer celui des clubs de Ligue 2, alors... » Et puis, il y a les difficultés que le club a rencontrées : « En douze années d'adjoint aux sports, j'ai connu huit présidents différents, sept années de plan de sauvetage. Je pense avoir un peu de recul... »
Certes, reconstruire le stade Jean-Bouin poserait le problème du stationnement. Jean-Luc Rotureau en convient : « C'est la faiblesse de notre dossier, et nous avons demandé une étude externe (payée par la Ville, NDLR) pour voir les incidences de la reconstruction d'un stade à cet endroit : l'impact sur la circulation, le stationnement, le commerce... C'est sûr : il faudra trouver des solutions de navettes, avec l'utilisation de parkings-relais. »
Un projet de Béchu « démago », pour Jean-Luc Rotureau, qui lit dans le marc de café : « Je vous fiche mon billet qu'après le tramway et le stade, l'adversaire va nous parler de la rénovation de la patinoire et du vélodrome couvert. Si on totalise tous ces projets, on arrivera à plus de 100 millions d'euros, alors que la Ville investit actuellement 66 millions par an. D'un côté, on a un Laurent Gérault qui veut baisser les impôts et, de l'autre, un Christophe Béchu qui flambe. Qui paiera ? »
Arnaud WAJDZIK.