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La saison du SCO

Édition du vendredi 09 novembre 2007

Garcia : « Nantes, le club où j'ai tout appris »

Ligue 2. Nantes - Angers, ce soir (20 h 30). L'entraîneur du Sco a terminé sa carrière de joueur et entamé celle de technicien au FCNA. Flash-back.

L'homme est entier, bouillant, passionné, volubile. Il mange foot, boit foot, vit foot. Jamais, il ne se repose. Parfois, il explose. Il est comme cela, Jean-Louis Garcia. Souvent attachant, parfois cinglant, toujours exigeant. Avec pour religion, le ballon rond. Garcia et Nantes ? C'est parti. Sept ans de sa vie. Au grand FCNA, pas à l'ersatz qui suivit. Un rêve pour démarrer, un cauchemar pour terminer. Il y a tout connu. Une finale de coupe de France, un titre de champion, la coupe UEFA, la galère de Leverkusen. Des joies, des peines. « J'y ai surtout tout appris. Auprès d'entraîneurs d'exception comme Coco Suaudeau, le maître ou Raynald Denoueix. »

Les deux noms reviennent en chaîne dans la conversation. Avec ceux de Landreau, Da Rocha, Ouedec, Savinaud, Desailly, Karembeu, Deschamps, Ferri, Loko, Pignol, Eo... Toute une époque. Un vrai retour sur le passé. « Sans aigreur, ni amertume. » Mais touché quand même, forcément touché. « La blessure s'est refermée. » La plaie date de 98. Contrat non renouvelé. Et un an sans travailler derrière. « Je n'ai pas compris. J'avais mis tout mon coeur à l'ouvrage. » Trop rigide peut-être ? « J'avais un franc-parler qui détonait un peu dans un contexte très feutré. Je ne suis pas, c'est vrai, dans la demi-mesure. J'ai mes convictions. »

En fait, Garcia fut victime collatérale d'une promesse de reconversion faite à un autre Nantais, David Marraud qui prit le poste d'entraîneur des gardiens. « On aurait pu me proposer autre chose. Chez les jeunes, par exemple. C'était mortel pour moi. J'ai dû faire mon deuil. Je n'ai plus mis les pieds à La Jonelière ou à La Beaujoire. »

Une trajectoire qui bifurque

Après, ce fut l'exil ou presque. Quatre saisons à Bordeaux, avec une montée en CFA pour sa réserve girondine. Trois ans à Toulon avec une accession en National. Puis Angers et la promotion en Ligue 2. Aurait-il connu tout cela, sans partir de Nantes ? « Ce fut peut-être un mal pour un bien, c'est vrai. Je me suis construit ainsi. » Un court temps d'arrêt... « Mais ce que je suis capable de faire, j'aurais aimé le donner à mon club. »

Il évoque encore Suaudeau. « C'était l'âme. Il me disait, Louison, il faut être curieux. Se renouveler. » Parle d'Arsenal. « Actuellement, le jeu à la nantaise, c'est eux. » Et revient vite sur les bords de l'Erdre. « Je suis imprégné de tout cela. Je m'en suis nourri. Je suis marqué à vie. Vivre ces grands moments de l'intérieur... » Il se souvient des causeries, des retraites au Croisic, l'année du titre en 95. « C'est très frais dans ma mémoire. »

Il retrouvera donc La Beaujoire pour la première fois. « Je suis fier d'y revenir en tant qu'entraîneur. Tout ce que j'espère, c'est montrer qu'Angers a une équipe qui existe, qui joue et qui a un beau visage. Et si Suaudeau et Denoueix pouvaient être là, je serais heureux... » Il peut être aussi nostalgique et tendre, Garcia. En un sens, n'a-t-il pas la fragilité des hommes que la vie a rendus forts...

Jean-François CHARRIER.

Ouest-France

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