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Anthony Kavanagh
Thomas Dutronc














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De gauche à droite : Dominique Barbéris, également invitée au festival « Terres à vins, terres à livres », présidée par Danièle Sallenave, célèbre écrivain d'origine angevine, en grande discussion avec Cécile Ladjali, auteure de quatre romans. Cécile Ladjali : « C'est très contradictoire : j'ai envie de m'immerger pendant 9 mois ¯ et cette durée n'est pas un hasard ¯ dans un monde qui va me plaire au point de le fréquenter quotidiennement. Mais je choisis des thèmes qui a priori ne me plaisent pas. Je suis ainsi en train de boucler un gros livre sur la guerre, avec des thèmes gris, hyper-masculins. C'est ce travail de lutte, cette confrontation qui constitue l'écriture. Cela va à l'encontre du narcissisme. Un roman, vous l'écrivez en pensant à votre lecteur qui doit pouvoir se repérer. Vous écrivez pour donner ».
Le cadre. Cécile Ladjali : « Quand je commence un roman, je sais comment il doit se terminer, mais pas comment l'histoire va se dérouler. Il y a un vertige à vivre au sein de chaque chapitre. C'est important de se faire happer par le hasard ».
Trucs. Danièle Sallenave : « J'ai toujours avec moi un petit carnet sur lequel je prends en note une phrase, des odeurs, de quel côté vient la lumière, le nom d'un oiseau ou d'un arbre, le défaut que pourrait avoir un personnage, etc. Tout cela prend sa place et nourrit l'axe principal ».
Cécile Ladjali. « Pour les reconstitutions historiques, je fais confiance dans un premier temps à mes intuitions. On a des antennes, on ne se trompe pas. Après, je vérifie en consultant les copains historiens ».
Éléments autobiographiques. Danièle Sallenave : « J'introduis des petites touches de vie personnelle, comme un geste que faisait ma grand-mère. Ce ne sont que de petits morceaux biographiques, une mosaïque cassée en tous petits fragments ».
Cécile Ladjali : « Par courtoisie pour mon lecteur, je n'évoque jamais directement ma vie intime. Quand elle apparaît, elle est indécryptable ».
Secrets de fabrique. Danièle Sallenave : « J'écris plusieurs versions, en trois à quatre mois, puis je resserre ou je rajoute. Il faut accepter de faire sauter trente ou quarante pages qui m'ont servi à avancer, mais dont je n'ai plus besoin. Je ne fais relire à personne mes romans, je ne veux pas trop qu'on y mette le nez. Les corrections de l'éditeur s'effectuent à la marge. »
Cécile Ladjali : « J'écris chaque page dix fois, c'est un vrai travail de dentelle. Je me lève à 6 h, j'écris jusqu'à 7 h 30, pratiquement tous les matins. Et je relis le soir. Ça finit par faire un livre en fin d'année... ».
Le langage. Danièle Sallenave : « Le langage est comme une mer. Si on accompagne son mouvement, on est porté, on est heureux. La langue est aussi vivante que la mer. J'adore cette houle ».
Recueilli par Laurent BEAUVALLET.
Le festival « Terres à vins, terres à livres » se termine aujourd'hui. Lire dans le cahier « Guide ».