Des rumeurs de putsch « méprisables »
Le président du conseil général contesté ? Des rumeurs persistantes l'affirmaient. Christophe Béchu dénonce des méthodes « qui ne resteront pas sans conséquence ».
Étonnant de voir avec quelle insistance tous les cercles angevins réputés « bien informés » ont pu se repaître de rumeurs de « putsch » au conseil général, ces dernières semaines... À les entendre, c'était joué : Christophe Béchu était sur le point d'être désavoué par les siens, quelques vice-présidents s'étaient même portés à la tête d'une fronde visant à le faire tomber...
L'étincelle qui avait mis le feu aux poudres ? Le fait que Christophe Béchu se soit soudain séparé de trois de ses plus proches collaborateurs : le directeur général des services, son directeur et sa chef de cabinet. D'un coup. Ce qui devait révéler un malaise profond... qui n'avait fait que croître au fil du temps.
En fait, la crise avait dû naître avec la décision de Christophe Béchu de briguer la mairie d'Angers. Un choix pas forcément assumé par tout le monde, au sein de la majorité départementale. Et son ouverture à gauche avait pu heurter la vieille garde de droite.
Sans parler d'une mobilisation électorale de tous les instants pendant la campagne, qui lui avait fait lâcher les rênes du département... Étonnez-vous que la grogne ait monté, que les désaccords se soient multipliés, que la majorité départementale ait été sur le point d'exploser ! Étonnez-vous que les vice-présidents s'en soient émus et aient préparé la relève !
« Volonté de nuire »
D'abord, il n'en croit pas ses oreilles, Christophe Béchu. « Au printemps, j'aurais cru à un poisson d'avril. Mais en automne !... » Devant tant d'« incongruité », Christophe Béchu reste « incrédule ». Et pour lever toute ambiguïté, c'est entouré de ses six vice-présidents que Christophe Béchu a choisi de mettre les points sur les « i ». Tous aussi incrédules, parce que tout cela est « tellement loin de l'état d'esprit qui nous anime »...
N'empêche, le départ des proches collaborateurs ? Divergences de fond pour le premier, roulement normal pour les seconds, à entendre Christophe Béchu : « On ne reste pas directeur de cabinet à vie... »
Et les réticences de certains devant l'engagement dans les municipales de Christophe Béchu ? « Mais tout s'est fait dans la transparence ! » Et le rejet de son ouverture à gauche ? « Mais c'est ce que nous avons fait dans nos propres municipalités ! », lance Jacques Hy, maire de Saint-Macaire-en-Mauges.
Alors Christophe Béchu se fâche : « Voilà des rumeurs qui sont à des années-lumières de notre façon de travailler. Ce que tout le monde sait. Conclusion : il y a clairement volonté de nuire, de déstabiliser. Et l'on voit clairement d'où viennent ces pratiques malsaines. J'ai mesuré, pendant la campagne des municipales, à quel point le pôle de compétitivité socialiste angevin était performant dans ce domaine : lorsqu'on laissait entendre que j'allais supprimer le marché de Monplaisir, que j'allais supprimer le RMI aux plus fragiles, etc. Ce sont des propos qui ne devraient pas sortir des cabinets d'aisance... »
Relayé par Christian Gillet, premier vice-président, que la rumeur annonçait comme conduisant la fronde : « J'ai d'abord été amusé. Et ensuite blessé. »
Alain MACHEFER.
Ouest-France