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Magique en avant-première à Angers
Un tapis de bougies, posées sur le chiffre 60, symbolisait le nombre de morts sur les routes de l'Anjou en 2007. Ces bougies, dont la flamme vacille au vent d'hiver, symbolisent autant la perte cruelle d'un être cher que l'espoir d'une forte prise de conscience, à travers des propositions concrètes.
« Surtout, ne pas renoncer, malgré la médiocrité des chiffres 2007 » : Olivia Chiaroni, responsable de l'unité Sécurité routière à la Direction départementale de l'équipement, donne le ton. « Un automobiliste, un motard ou un piéton tué, ce n'est pas une fatalité. Il faut en permanence faire de la prévention, coordonnée avec des actions de répression. »
La prévention, Michel Bernardin connaît. Président de l'association des familles de traumatisés crâniens, il rencontre plus d'un millier de jeunes par an pour les informer des risques qu'ils encourent, accompagné de victimes d'accidents de la route, chiffres et démonstrations à l'appui : « Deux secondes d'inattention, et déjà 54 mètres sont parcourus », illustre-t-il.
« Ne rien banaliser »
Lionel Chauveau, intervenant départemental de la sécurité routière au nom d'Handicap international, propose une clé : « Apprenons à parler aux jeunes, sans les brusquer. Et il faut savoir aussi les écouter. Notre langage n'est pas forcément en phase avec le leur. Mais il faut aussi le dire que conduire en ayant bu, même un petit peu, c'est dangereux, en ayant fumé du cannabis, c'est criminel. » Joël Touchais, de l'Association des paralysés de France, insiste : « Il faut que les jeunes conducteurs appliquent ce qu'ils ont appris. C'est trop facile de dire, une fois le permis en poche : « Marre des radars » ; ils le savaient avant ! ».
Police et gendarmerie font bloc. « Contre les conduites en état alcoolique, nous allons développer les contrôles, avec une sévérité accrue des sanctions. Quant aux excès de vitesse, nous bénéficierons en 2008 d'une voiture avec radar embarqué », prévient le commissaire divisionnaire Marc Fernandez.
« Il faut que chacun se sente concerné, et ne rien banaliser. En terme de contrôle, on ne va pas lever le pied, de jour comme de nuit. Et un radar peut en cacher un autre ! Mais nous ne ferons pas de répression aveugle, assure le colonel Peyrard, le patron des gendarmes. Toute action, même modeste, doit être tentée : si ça peut sauver une vie, ça n'a pas de prix. »
Laurent BEAUVALLET.
(1) L'association des paralysés de France, handicap international, l'Aco le Rotary club d'Angers et l'association des familles des traumatisés crâniens.