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Thomas Dutronc
Anthony Kavanagh














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Martin Provost est venu récemment rencontrer le public des 400 coups. Son film Séraphine sort aujourd'hui. C'est ma femme, qui travaille pour France Culture, qui m'a incité à m'intéresser à ce personnage, après que j'eus connu la déception d'un projet avorté. Et j'ai découvert une histoire était extraordinaire : une femme de ménage, écoutant son ange gardien qui lui ordonnait de peindre, qui se révèle être l'un des plus grands artistes dits « naïfs », pour finir enfermée et mourir à l'asile durant la Seconde Guerre mondiale.
J'ai donc fouillé cette vie, fait des recherches et travaillé sur des documents originaux. Le projet s'est ensuite déroulé idéalement, que ce soit pour le financement ou le tournage proprement dit.
Parlez-nous justement de ce tournage, et notamment de votre casting.
Ce n'est pas un budget impressionnant, compte tenu de l'obligation de recréer le cadre de vie du début du XXe siècle. Mais je pars du principe que le manque de moyens rend inventif. Le plus dur pour moi était d'aborder ce sujet avec humilité, de rester en retrait par rapport à Séraphine.
Quant au casting, l'histoire est originale. Lorsque j'ai vu Séraphine en photo, j'ai vu Yolande Moreau. J'avais tout de suite pensé à elle, mais c'est devenu une évidence, pour elle aussi. Et c'est Yolande qui m'a parlé d'Ulrich, qui a quand même perdu une quinzaine de kilos pour incarner le collectionneur Wilhelm Uhde, ce qui témoigne de l'envie de tous de s'investir.
La suite est tout aussi réjouissante. Le public des premières projections a été très touché, voire bouleversé, par cette histoire qui aborde des sujets universels. Et il y a une sorte de reconnaissance de l'oeuvre de Séraphine, avec cette exposition au musée Maillol (1) et le livre de Françoise Cloarec (2).
Votre film prend son temps. Expliquez-nous cette approche cinématographique.
J'aime laisser le temps au temps. Mes cinéastes de référence s'appellent Fellini ou Tarkovski, qui sont capables de faire un plan fixe pendant de longues minutes. Il y a une sensibilité qui émane de Séraphine. Elle écoute la nature et demeure en profonde connivence avec elle. J'ai essayé de rendre cette vibration.
(1) 18 oeuvres de Séraphine de Senlis y sont exposées depuis hier mardi 30 septembre.
(2) Séraphine ou la vie rêvée de Séraphine de Senlis, chez Phébus.
Pratique. Séraphine de Martin Provost, en sortie nationale ce mercredi, au cinéma les 400 coups, 12, rue Claveau, à Angers. Renseignements au 02 41 88 70 95 et sur www.les400coups.org