Actualité dossier

La saison du SCO

Édition du mercredi 14 novembre 2007

Ben Khalfallah est le nouveau chouchou du Sco

L2. C'est le joueur d'Angers qui fait le plus parler. Certains l'encensent. D'autres mettent en avant ses lacunes. Comme à Laval, il ne laisse pas indifférent.

Fahid, vous êtes passé de Laval à Angers à l'inter-saison. En Mayenne, vous travailliez avec Denis Troch ; vous êtes maintenant sous les ordres de Jean-Louis Garcia. Quels sont les changements notoires ?

Avec Denis Troch, mon entraîneur à Amiens puis à Laval, on bossait pas mal pendant les stages et puis le reste ressemblait plus à de la gestion, presque de l'autogestion. Quand on faisait partie de ses titulaires en début de saison, on savait que ça ne changerait pas. Avec Jean-Louis Garcia, j'apprends énormément. Avec lui, on entre dans une autre dimension. Surtout tactiquement. Le haut niveau se joue souvent sur des détails.

Appréhendiez-vous le fait de quitter Denis Troch, votre mentor, pour vous lancer dans l'aventure du Sco ?

Non, parce qu'il me fallait sortir de ce confort. Et puis le staff angevin voulait vraiment me faire progresser. Et au final, aucun regret ! Tout se passe super-bien. Jean-Louis Garcia a beau être exigeant, ça ne nous empêche pas de prendre un plaisir fou sur le terrain. C'est un passionné, un ancien joueur.

Certains observateurs, sans doute excessifs, vous surnomment déjà « le petit Ribéry » à Angers. Ça vous convient ?

(il sourit) C'est bien d'être comparé à des joueurs comme lui. Sauf que Franck Ribéry joue au Bayern Munich et en équipe de France, moi à Angers. La comparaison s'arrête donc là. Ça ne m'empêche pas cela dit de rêver de la Ligue 1. Et pourquoi pas avec Angers.

« Je dois être plus lucide dans le dernier geste »

D'autres disent que vous n'allez que trop rarement au bout de vos actions ?

Je sais que je dois être plus lucide dans le dernier geste. Mon approche d'un match est simple : je dois être décisif. Je sais que quand je prends le ballon, je fais plaisir aux gens. Je sais que j'ai un jeu spectaculaire. Je sais aussi que s'il n'y a rien au bout, ça ne sert à rien. Mais n'empêche que le jour où on me dira « tu arrêtes tes accélérations, tu ne dribbles plus », j'envisagerai sérieusement de ne plus être footballeur.

Chose rare aujourd'hui, vous n'avez pas appris votre métier dans un centre de formation. Vous pouvez nous expliquer ?

C'est vrai. À 16 ans et demi, je jouais avec les seniors. J'ai intégré l'équipe de CFA2 de Péronne, je faisais mes études en parallèle et Denis Troch, qui entraînait à l'époque le club voisin d'Amiens, est venu chez moi et m'a convaincu de le rejoindre. Avec le recul, je ne regrette rien. Ça m'a permis de vivre une vie « normale », de ne pas délaisser les études comme finalement pas mal de jeunes qui arrivent dans des grosses structures. Et puis la sélection est terrible dans les centres de formation.

Atteindre votre objectif en utilisant des chemins de traverse, est-ce une fierté pour vous ?

Je ne sais pas... Peut-être que ça aurait été mieux pour moi d'intégrer un centre de formation... Disons que je n'ai pas de regret.

Aujourd'hui, vous sentez-vous à l'aise dans le milieu dans lequel vous vivez, le foot, l'apparence, le spectacle, l'argent ?

Au départ, quand je suis arrivé de ma campagne à Amiens, c'est vrai que j'ai atterri dans un autre monde, un milieu où, tout d'un coup, les mecs gagnent en un mois ce que tes parents vont gagner en un an. Certains flambent, achètent des belles voitures, même en Ligue 2. Moi, je ne suis pas comme ça. Je trouve, encore aujourd'hui, que ça ne sert pas à grand-chose. J'ai la voiture de monsieur tout le monde. Je préfère aider ma famille. Je n'aime pas montrer. Je suis très calme en dehors d'un terrain. Je ne fais pas d'excès.

Recueilli par

Mathieu COUREAU.

Fahid Ben Khalfallah en bref. 25 ans. Né le 9 octobre 1982 à Péronne. Milieu de terrain. Cette année avec Angers : 15 matches, 3 buts. Son parcours : 2000-2001 : Péronne (CFA 2) ; 2001-2005 : Amiens (L2) ; 2005-2007 : Laval (L2 puis National). Son départ du club mayennais, l'été dernier, lui a valu quelques railleries, certains spectateurs tango lui reprochant son manque d'investissement en fin de saison.

Ouest-France

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités