Auxiette à Angers ? Manipulation, intoxication...
Auxiette s'appuie sur plusieurs maires de grandes villes des Pays-de-la-Loire au conseil régional. De là à vouloir leur piquer leur place.
Deux courriers reçus à la rédaction lançaient ce bouteillon : pourquoi pas Auxiette à la tête d'une liste de gauche ? « Manip'», dénonce l'intéressé.
Certaines coïncidences ont de trop puissants relents de manipulation pour ne pas se laisser prendre au piège. Que nous recevions le même jour deux courriers de lecteurs vantant abondamment l'excellent bilan de Jean-Claude Antonini (rénovation urbaine, développement durable, théâtre le Quai, nouveau stade demain...), avant de l'assassiner en place de grève pour être « un maire usé », qui mérite la retraite au même titre que « les vieux caciques qui l'entourent », pourraient n'être que le fruit du hasard. Qu'au bout de la même démonstration, l'idée de faire appel à Jacques Auxiette pour prendre le relais de l'équipe actuelle à la tête d'une liste de gauche « rénovée et ouverte au centre et à la société civile » soit exprimée quasiment dans les mêmes termes finit par mettre la puce à l'oreille. L'une avance, en fin de courrier : « Lui seul peut mener... » L'autre assène, dans la dernière partie : « Lui seul est capable... » L'une et l'autre s'appuient sur le fait qu'il possède des attaches angevines depuis quelques années et qu'il y réside de plus en plus régulièrement. Info ? Intox ? « Scandaleux ! », lance tout de go le président de la Région Jacques Auxiette. « Scandaleux parce que l'on est dans une logique d'intoxication qui vise à porter le discrédit sur Jean-Claude Antonini et son équipe. » Il admet qu'on le voit effectivement de plus en plus souvent à Angers puisque c'est là que réside sa future épouse... Mais sa résidence principale reste La Roche-sur-Yon. C'est là qu'il vote. C'est là qu'il entend poursuivre ses activités politiques locales : il veut tout faire « pour développer l'intercommunalité yonnaise contre la volonté villiériste ».Pour le reste, pas question de cumuler deux exécutifs : « Je ne peux pas postuler comme maire. Or, vous avez remarqué que j'étais déjà président de Région. Ce qui m'occupe beaucoup. Ce qui m'intéresse énormément. Et comme ça ne se passe pas mal, j'ai l'intention de continuer ! » Conséquence : « Une telle hypothèse angevine n'a jamais pu être envisagée ! »Surtout pas à Angers : pas question de critiquer Jean-Claude Antonini auprès de Jacques Auxiette, l'homme qui est devenu son compagnon de route à la Région depuis 1998 « et avec lequel j'ai une proximité très forte. Il exerce sa responsabilité de vice-président chargé des transports avec talent, son expérience d'élu m'étant très précieuse ». Ce qui amènera forcément le président de Région à venir soutenir le maire sortant « pour alerter les Angevins sur les risques que fait peser sur eux le candidat sarkozyste, même s'il fait tout pour faire oublier qu'il lui est très proche. Oui, cette élection sera très politique ».A. M.
Ouest-France