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Le festival Premiers plans 2008

Le cinéaste Arnaud Desplechin a été repéré à Angers.
Le cinéaste Arnaud Desplechin a été repéré à Angers.
Édition du lundi 28 janvier 2008

Arnaud Desplechin, de premiers en derniers plans

Arnaud Desplechin symbolise à merveille les 20 ans du festival. En 1991, alors qu'il travaillait déjà sur son deuxième projet, La Sentinelle, Premiers plans lui offrit deux récompenses pour son premier film, La Vie des morts. « Ce festival a été extrêmement important pour moi. Il y a un ensemble d'événements qui m'ont permis de continuer : la lecture du scénario de La sentinelle par André Dussolier, les deux prix qui correspondaient au premier argent qui tombait, et l'effet boule-de-neige qui suit une telle reconnaissance. Je crois que je n'aurais pas fait La Sentinelle sans Premiers plans. »

Ajoutez à cela un distributeur nommé Claude-Eric Poiroux, et vous avez la naissance d'un artiste, d'une oeuvre et d'une amitié. « Faire un film, c'est toujours prétentieux. Moi, je pensais que c'était le dernier. Alors j'ai fait ce qui me plaisait, sans penser à séduire. »

Aujourd'hui, Arnaud Desplechin plaît beaucoup, et s'apprête à parachever son huitième film, Un conte de Noël (titre provisoire).

À l'image d'Alain Resnais et de son Atelier (titre d'un livre de François Thomas), l'auteur de Esther Kahn et Rois et reine est un artisan du 7e art travaillant en famille.

Une génération de comédiens - Emmanuelle Devos, Noémie Lvovsky, Marianne Denicourt - et de techniciens (François Gédigier, monteur sur plusieurs films de Chéreau) qui l'a accompagné depuis ses premiers cadres, travaillent aujourd'hui avec les plus grands. « C'est une chance pour tous. J'apprends beaucoup avec eux. La référence à Alain Resnais, pour lequel j'ai une profonde admiration, me plaît. J'ai une dette envers son film Muriel, qui m'a beaucoup inspiré pour La Sentinelle. »

En artisan du cinéma, Desplechin l'alchimiste met la main à toutes les pâtes qui nourrissent son oeuvre. « J'ai eu la chance de faire l'Idhec, l'ancêtre de la Fémis (N.D.L.R. : l'école de cinéma la plus prestigieuse de France). À l'époque, on apprenait tout, parce que l'on ne savait pas ce qu'on allait être. Et puis je voyais tous les films. On se forme une culture, et cela tue tout ego. Aujourd'hui, les étudiants ne vont pas au cinéma et se spécialisent tout de suite. »

Chef opérateur, monteur, électricien, machiniste, Desplechin unit sa façon de penser à toutes les étapes de la création. Alors, monsieur cinéma, un conseil d'amoureux du 7e art : « Le Soleil de Sokurov. Une pure merveille ! »

Ouest-France

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