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ZEP à l'Abbaye de l'Epau
La cérémonie officielle, avec les autorités civiles, militaires et religieuses, a eu lieu sur le quai du Maroc, derrière la caserne Éblé. Là d'où est parti, le 20 juillet 1942, le convoi de plus de 800 déportés. « Pour nous, c'est la gare d'Angers. Je ne suis jamais allée là-bas. Je n'en ai pas eu le coeur... », confie Madeleine Ancelle. Dès 10 h, hier matin, elle se trouvait, avec sa soeur, dans le hall. « C'est important que la plaque commémorative soit là, bien visible de tous les voyageurs. Pour montrer que nous sommes toujours là. » Sa famille a été déportée. Seul l'un de ses frères est revenu...
Franck Marché, de l'association des Familles et amis des déportés du convoi 8, qui a déjà fait poser 32 plaques commémoratives dans le département, a rappelé l'histoire de cet horrible premier convoi. « Le train est parti à 20 h 30, ce 20 juillet 1942, avec 842 personnes à bord, dont des femmes et des enfants. 27 descendront en cours de route, pour contrôle. Les 815 autres iront directement à Auschwitz. Seulement 20 en reviendront. »
Un différend
Chaque année, depuis 2002 où a été posée la plaque commémorative, les membres de l'association se retrouvent dans le hall de la gare, le 20 juillet. Hasard du calendrier, la cérémonie officielle se tenait le même jour, quai du Maroc, là où est parti le fameux convoi. « C'est toujours le dimanche le plus proche du 16 juillet, date de la grande rafle du Vel d'Hiv'et de l'hommage aux « Justes » de France. »
Franck Marché a maintenu la cérémonie « officieuse » : « On nous refuse une allocution, en tant qu'association des déportés du convoi 8. La mairie d'Angers et la préfecture se renvoient la balle... »
Il évoque un différend avec l'association cultuelle et culturelle israélite, au sujet de la plaque commémorative mise à l'intérieur de la synagogue, et non à l'extérieur, pour raison de sécurité.
Pierre Lazarus, vice-président de la communauté israélite d'Angers, estime qu'il n'y a pas de raison de polémiquer : « Nous respectons l'association. Et cela d'autant plus qu'elle est présidée par Léo Bergoffen, dernier survivant de la déportation à Auschwitz, qui se trouve parmi nous. » Ce dernier précise qu'il est toujours allé aux deux cérémonies : « Faut pas chercher midi à 14 h, c'est triste... »
Jean Audic, vice-président des combattants volontaires, ajoute : « Il y a finalement trop d'associations et trop peu de survivants. » Les témoins disparaissent. Il faut désormais réfléchir à d'autres voies (et voix) pour transmettre et comprendre ce qui a fait la Shoah. Comment l'homme a eu cette capacité à anéantir d'autres hommes mais comment, aussi, il a accompli des gestes de courage et d'altruisme.
Pour Alfred Sabbah, président de la communauté israélite, la clé contre l'oubli, c'est « la transmission par l'enseignement ». Et la commémoration, comme hier midi.
Jean-Michel HANSEN.