On l'appelle le triangle d'or : cet espace de 30 hectares délimité par l'A11, la RN 323 et la rocade Est, accueille le parc des expositions, sur la commune de Saint-Sylvain. C'est précisément là que l'équipe Béchu-Gérault veut y implanter le futur stade de foot d'Angers. Bien plus qu'un simple stade, Christophe Béchu y voit un « vaste projet d'aménagement urbain sur un site où nous implanterions un grand stade de 20 000 places évolutif jusqu'à 25 000 places avec, pourquoi pas, un système de gradins tubulaires. Nous pouvons le faire : il y a des réserves foncières de 30 hectares ! »
Ce site constitue, aux yeux de l'adversaire du maire, une « porte d'aménagement » pour l'agglomération qui, actuellement, n'est « pas utilisée » comme elle le devrait. Un projet qui offrirait pas mal d'avantages : « Le long de cet axe, on peut implanter des programmes tertiaires économiques, profiter des 6 000 places de stationnement du parc des expositions, d'Amphitéa et de l'hippodrome d'Éventard qui est totalement sous-exploité. Dans une logique d'économie d'espace, c'est important ! » Autour du stade, il imagine un restaurant, des magasins, une vraie vie commerciale...
« Moins de 60 millions »
Un choix de construire en périphérie qui, dit-il, a déjà été retenu par des villes comme Amiens, Sedan, Troyes, Le Mans, et Nantes. « Ce stade sera desservi par les bus rapides, les busways, qui relieront en même temps le quartier Provins d'Écouflant où 800 logements sont en cours de construction. » Christophe Béchu aurait obtenu le soutien des maires d'Écouflant et de Saint-Sylvain-d'Anjou pour ce projet.
Le tandem Béchu-Gérault est persuadé que les dirigeants actuels du Sco vont faire progresser le club. « Il faut mettre un frein à cette politique continuelle d'augmentation des subventions, affirme Christophe Béchu. Notre projet vise aussi à aller chercher de l'argent privé pour financer cette infrastructure : cela peut représenter 25 % du budget de fonctionnement. » Et puisque l'on parle d'argent, le tandem évalue le coût du projet « à moins de 60 millions d'euros, car il faut enlever la partie du stationnement déjà aménagé ».
Une pierre dans le jardin du maire qui veut reconstruire Jean-Bouin. Déjà, Laurent Gérault était monté au créneau sur cette question lors du conseil municipal du 25 juin. Il reprochait un projet annoncé « sans consultation et sans ambition pour la ville ».
À l'époque, il avait demandé au maire : « Comment est-on capable dans le projet qui est le vôtre d'absorber ce flux de transport ? » Christophe Béchu en remet une couche : « Aller mettre 30 millions d'euros dans un site enclavé sans parking, c'est gaspiller l'argent public ! »
Au-delà du stade, et même s'il regrette que « l'âme de Jean-Bouin » ne planera plus sur la ville, Christophe Béchu veut donner aux Angevins une vision différente de leur ville. « Je ne supporte plus que l'on nous considère comme une ville de 70 000 habitants ! Que nous soyons obligés de nous justifier perpétuellement. Angers doit vite sortir de sa sous-notoriété. »
Arnaud WAJDZIK.