Cette fois, c'est le jour J. 13 ans, 8 mois et 17 jours que les supporters du Sco attendent ça ! Depuis le 19 février 1994 et une défaite 2-1 à la Beaujoire, les Angevins n'ont plus croisé la route du grand FC Nantes. À l'époque, il y avait les Karembeu, Pedros, Ouedec et Loko dans la maison jaune. Au Sco, c'était Aubry, Germain et Lagrange. Des noms qui fleurent bon la nostalgie en ce jour de match si particulier. Le match de l'année pour beaucoup. Le stade va être plein, des dizaines de cars vont débarquer de tout le Maine-et-Loire et des milliers d'Angevins seront éparpillés aux quatre coins des tribunes, en plus des 1 300 supporters groupés dans la zone visiteurs de la Beaujoire ! En jeu : trois points bien sûr, mais forcément un peu plus que ça...
Saine rivalité
Massés au bord du terrain, hier, lors du dernier entraînement à la Baumette, une poignée de supporters jouaient le match avant l'heure. Chacun y allait de son analyse, de son souvenir, voire de son pronostic. Pour Jean-Michel, 60 ans et passionné du Sco depuis tout petit, la rivalité entre les deux clubs remonte à 1956. « A l'époque, le Sco gagne son billet pour la D1 contre Nantes. On est montés avant eux et c'est depuis ce jour-là qu'il y a de la concurrence. » Forcément, on évoque les duels entre Jean-Marc Guillou et Henri Michel dans les années 70. Et on reconnaît, bien obligé, « que le Sco n'a pas souvent gagné ». Et puis on parle de ce nouvel épisode qui se jouera ce soir, parce que le Sco est monté en Ligue 2 et Nantes descendu de Ligue 1. « Les Nantais se prenaient pour le nombril du monde, explique Claude. Ils se croyaient invulnérables et pensaient qu'ils ne pourraient jamais descendre. » Et Julien de surenchérir : « On l'attend depuis longtemps ce match parce que les Nantais se sont toujours moqués de nous. »
Un peu de chauvinisme et quelques plaisanteries, c'est aussi ça le derby. « Dans ma boîte près d'Ancenis, il y a la moitié des gars qui sont abonnés à la Beaujoire et l'autre à Jean-Bouin. Ça fait deux mois qu'on se chambre », raconte Patrick avec le sourire, conscient tout de même que la tâche sera difficile ce soir. Et oui, même en Ligue 2, le FC Nantes reste le FC Nantes. « Le match nul serait déjà un exploit, lance Claude, affirmatif. Les Nantais ont dû se faire remonter les bretelles après leur défaite à Boulogne. S'ils perdaient, ils seraient encore plus déshonorés que nous. » Fierté, quand tu nous tiens.
Julien HIPPOCRATE.