Édition du mardi 06 novembre 2007
Jean-Louis Garcia met l'accent sur l'efficacité
Ligue 2. Angers Sco - Gueugnon. L'entraîneur du Sco veut que ses joueurs se mettent dans les meilleures dispositions avant d'aller à Nantes.
Il dit d'abord des choses banales : « Contre Gueugnon, mon équipe devra être inspirée, mobile, patiente. » Jean-Louis Garcia dit que le groupe ne devra pas se précipiter, devra s'appliquer à construire, à réfléchir, à être rigoureux défensivement. Il dit parfois des répliques cinglantes dignes d'un feuilleton TV. Il dit que Gueugnon, 19e du championnat avec 11 points, 2 victoires, 5 nuls et 7 défaites, c'est du costaud, de l'expérience, un grand moral. Que si aucune équipe jusqu'à présent n'est venue à Jean-Bouin « pour faire le hérisson », il ne faudra pourtant pas s'attendre, ce soir, à voir des Forgerons « partir à l'aventure ». Il dit que quelquefois, il ne les a vus monter qu'à trois sur les corners.Fabregas, Loko...Et puis Jean-Louis Garcia aborde le sujet de l'efficacité de son équipe. Il bout. Ce manque de lucidité devant le but adverse, c'est comme l'étiquette qui gratte dans le cou. « A l'heure actuelle, c'est un vrai souci. Dans l'approche, dans les 15 derniers mètres, on n'est pas mauvais, mais dans le dernier geste... » Il soupire et hausse le ton. « Je crois vraiment que si on fait le ratio nombre d'occasions par rapport au nombre de buts marqués, c'est pas terrible. » Il pense à Fabrice Do Marcolino qui, s'il s'implique beaucoup dans le jeu, ne transforme pas les occasions franches dont il hérite (2 buts en 967 minutes de jeu), il pense à la confiance qui l'animait pourtant la saison dernière (26 buts).Un buteur est une vraie montre suisse : on tord un ressort et tout est foutu. « Avec Fahid (Ben Khalfallah), voilà deux garçons qui sont très en retard sur leur tableau de marche », dit-il. Il parle du but de Fabregas, le jeune prodige d'Arsenal. C'était contre Manchester United, dimanche. Il parle du travail de Patrice Loko quand il évoluait à Nantes, du temps exagéré qu'il prenait à l'entraînement avant de frapper, à décomposer les gestes. Et en arrive à cette conclusion : « Quand on est attaquant, on n'a pas besoin de frapper fort à tout prix. On n'est pas obligé de frapper sans cesse du coup de pied... (il se lève et mime) Il y a là une notion de justesse. On a le droit de regarder, d'observer, de prendre la seconde supplémentaire devant le gardien, de prendre le temps de la réflexion, comme Paul (Alo'o Efoulou), à Châteauroux. » Il dit qu'il a pris le temps d'en discuter notamment avec l'attaquant gabonais, cette semaine.Entamer une belle sérieGarcia, toujours : « Ce match contre Gueugnon sera archi-capital. Il peut, il doit, nous permettre d'entamer une belle série. Et puis battre Gueugnon, ça veut dire se placer dans une situation idéale pour créer l'exploit à Nantes, vendredi. » En ce moment, l'entraîneur du Sco est au four et au moulin. Sa vie lui prend du temps. Il tire les ficelles, râle, avoue que le point pris à Châteauroux ne lui a pas suffi, analyse, mange sur le pouce et se couche très tard. Il sait qu'une saison, c'est long parce qu'il y a les mois de froid.Mathieu COUREAU.
Ouest-France