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La saison du SCO

Édition du vendredi 30 novembre 2007

Garcia : « On a envie de croquer dans cette fin d'année »

Ligue 2. Angers Sco - Libourne. Les Angevins ont l'occasion de faire une belle opération au classement. Sauf que le réveil a sonné à Libourne.

Les bras déployés, les mains voletantes, Jean-Louis Garcia parle depuis un quart d'heure. « [...] Et puis, surtout, on devra être sérieux, patients, faire preuve d'abnégation. » Il rythme ses phrases comme on joue du tambour : « Il faudra, contre Libourne, l'équipe en forme du moment malgré son classement, varier notre jeu, alterner, surprendre, fixer, renverser. » Il a parfois un côté Bernard Laporte ce Jean-Louis Garcia. À l'écouter, on se dit qu'il est né pour entraîner, diriger, parler à la presse béate, porter des pantalons de jogging serrés dans le bas, et gagner.

Un bon mois de novembre

Il continue, dit sa certitude qu'Angers Sco sera beaucoup mieux physiquement que la semaine dernière, où son équipe avait arraché sa qualification pour le 8e tour de la Coupe de France à la 91e minute, contre Orléans (CFA), après quinze jours de trêve. « En fait, ce match nous a ouvert les poumons, il dit. On avait été diesel mais malgré tout, ça nous a remis en alerte. »

Les bras en éventail au-dessus de la tête : « Les gars ont conscience de ce que pourrait nous apporter un bon résultat. Jusque-là, notre mois de novembre est super-intéressant. Ce week-end, nous sommes la seule équipe des huit premières, avec Montpellier, qui reçoit. On peut donc faire une belle opération. » Mais il dit que c'est loin d'être gagné : « C'est le plus mauvais moment pour rencontrer Libourne (19e du championnat avec 12 points, NDLR) qui reste sur deux victoires consécutives. » Et puis il ajoute que, bien sûr, la seule ambition du Sco pour le moment est d'obtenir son maintien « le plus rapidement possible ».

Mais c'est avéré, cette saison, le Sco est glouton. Il a mis le pied dans la porte cet été pour pouvoir jouer dans ce championnat. Depuis, il montre un bon coup de fourchette, en reprend toujours deux fois, sauce son assiette et s'essuie salement sur la serviette qu'il porte au cou. « On a envie de croquer dans cette fin d'année. Je ressens des choses agréables depuis le début de la saison, je prends beaucoup de plaisir, dit Garcia. Mais justement, ça doit nous ouvrir encore plus l'appétit. Si on se satisfait de tout cela, ce sera la dégringolade. »

Il explique que la phase de découverte de ce championnat est passée, que le Sco a pu regarder toutes les équipes dans les yeux sans rougir et qu'il a gagné la certitude d'avoir le niveau de cette Ligue 2. « C'est une belle récompense pour un club qui a mis les moyens pour ne pas vivre une saison galère. »

La vitesse supérieure, ce serait quoi, alors ? Avaler trois poulets au petit-déjeuner et se battre à mains nues avec des ours noirs dans le bois du Lac-de-Maine ? Non, non : « Juste continuer comme ça, avoir un coup d'avance, comme aux échecs. » Les footballeurs sont comme tous les sportifs de haut niveau : de jeunes gens en déséquilibre avant permanent. Jean-Louis Garcia, il les accompagne pour ne pas qu'ils tombent.

Mathieu COUREAU.

Ouest-France

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